Survitrage : prix, principe et différence avec le double vitrage
Le survitrage ajoute un second vitrage sur la fenêtre existante, sans changer la menuiserie : une lame d'air améliore l'isolation thermique et phonique pour un coût bien inférieur au double vitrage, mais avec une performance moindre. Idéal pour le bâti ancien à conserver, les petits budgets et les locataires.
Sommaire
Le survitrage consiste à ajouter un second vitrage sur une fenêtre déjà en place, sans toucher à la menuiserie d’origine. C’est une solution d’amélioration, pas un remplacement : il améliore l’isolation thermique et phonique d’une fenêtre existante, à un coût nettement inférieur à la pose d’un vrai double vitrage, mais avec une performance moindre. Il vise surtout le bâti ancien, les fenêtres bois à conserver et les budgets serrés.
Survitrage ou double vitrage : ne pas confondre
Les deux mots se ressemblent mais désignent deux choses très différentes. Le bon réflexe est de comprendre ce que l’on garde et ce que l’on change.
- Le double vitrage est un vitrage isolant fabriqué en usine : deux verres scellés autour d’une lame de gaz hermétique. On le pose en remplaçant l’ancien vitrage, parfois toute la fenêtre.
- Le survitrage est un second panneau de verre (ou de plastique) rapporté par-dessus le vitrage existant, le plus souvent un simple vitrage. On conserve la fenêtre, le cadre et la menuiserie d’origine. Une lame d’air non scellée se crée entre les deux vitres et joue le rôle d’isolant.
Autrement dit, le double vitrage remplace, le survitrage complète. Cette nuance commande tout le reste : le prix, la performance, l’esthétique et l’éligibilité aux aides.
Comment fonctionne un survitrage
Le principe est simple : en ajoutant une seconde paroi de verre devant le simple vitrage, on emprisonne entre les deux une lame d’air. Cet air immobile freine le passage de la chaleur et du froid, comme le fait la lame de gaz d’un double vitrage, mais en moins performant car la lame n’est ni scellée ni remplie de gaz isolant.
On passe ainsi d’une seule paroi de verre (le simple vitrage, très peu isolant) à deux parois séparées par de l’air. Le gain est réel : la sensation de paroi froide diminue, le bruit extérieur est atténué, et la condensation sur la face intérieure recule. Mais la lame d’air ouverte, plus large et non hermétique, isole moins bien que les 16 mm d’argon scellés d’un double vitrage moderne. Pour comprendre en détail le rôle de cette lame et du coefficient Ug, voir notre guide sur les types et performances du double vitrage.
Les trois types de survitrage
Tous les survitrages ne se valent pas. Le choix dépend de l’usage de la fenêtre et du niveau de finition recherché.
Le survitrage fixe
Le second vitrage est posé en applique sur le dormant ou l’ouvrant et ne s’ouvre pas indépendamment. C’est le plus isolant des trois (lame d’air mieux maîtrisée) et le plus discret une fois posé, mais il empêche d’accéder à l’espace entre les deux vitres pour le nettoyage. Adapté aux fenêtres que l’on ouvre peu.
Le survitrage ouvrant
Le panneau ajouté est monté sur charnières et s’ouvre comme un second battant. On conserve l’usage normal de la fenêtre et l’accès au nettoyage entre les deux verres. C’est le plus polyvalent pour une pièce à vivre, un peu plus cher que le fixe.
Le survitrage amovible ou magnétique
Un panneau léger (souvent plastique acrylique sur cadre aimanté) que l’on clipse devant la fenêtre l’hiver et que l’on retire l’été. Très économique et sans travaux, c’est la solution des locataires et des petits budgets. La performance et la durabilité sont les plus faibles, mais le rapport gain/prix reste intéressant pour une chambre ou un bureau.
Pour qui le survitrage est-il la bonne solution
Le survitrage n’est pas un choix par défaut : c’est une réponse à des contraintes précises.
- Bâtiments anciens ou classés : quand on veut conserver les fenêtres bois d’origine, les petits bois, ou que le secteur sauvegardé interdit de modifier l’aspect extérieur. Le survitrage côté intérieur ne se voit pas de la rue.
- Budget limité : améliorer une fenêtre coûte beaucoup moins cher que la remplacer, surtout sur un logement entier.
- Locataires : la version amovible ou magnétique apporte un confort hivernal sans travaux ni accord du propriétaire, et part avec vous au déménagement.
- Fenêtres en bon état : si le cadre est sain et étanche, autant le garder. Le survitrage prolonge sa vie utile.
À l’inverse, si la menuiserie est déformée, pourrie ou fuit de partout, le survitrage ne sert à rien : les fuites d’air autour du cadre annulent le bénéfice. Dans ce cas, mieux vaut envisager un remplacement de la fenêtre ou, sur un cadre récupérable, le remplacement du vitrage sur mesure par un double vitrage.
Gains réels et limites à connaître
Le survitrage améliore le confort, mais il faut savoir à quoi s’attendre pour ne pas être déçu.
Ce que vous gagnez
- Isolation thermique : la lame d’air divise sensiblement les déperditions par rapport à un simple vitrage nu. L’effet de paroi froide diminue nettement.
- Confort phonique : l’ajout d’une seconde paroi atténue les bruits aériens (rue, voisinage), surtout si les deux verres ont des épaisseurs différentes.
- Moins de condensation : la face intérieure plus chaude s’embue moins.
- Conservation du bâti : on garde des fenêtres bois d’époque impossibles à retrouver à l’identique.
Les limites
- Performance inférieure à un vrai double vitrage à isolation renforcée : la lame d’air ouverte et l’absence de gaz et de couche faiblement émissive plafonnent le gain.
- Esthétique : un second cadre côté intérieur reste visible et peut alourdir la fenêtre, surtout en version ouvrante ou amovible.
- Condensation possible entre les deux vitres : si la lame d’air n’est pas correctement ventilée ou si de l’humidité reste piégée à la pose, un voile peut apparaître. Une pose soignée par un professionnel des vitres sur mesure limite ce risque.
- Poids et manoeuvre : la fenêtre devient plus lourde, ce qui sollicite la quincaillerie d’origine.
Survitrage contre double vitrage : le tableau comparatif
Pour trancher, voici les deux solutions face à face sur les critères qui comptent vraiment.
| Critère | Survitrage | Double vitrage |
|---|---|---|
| Principe | Second vitrage ajouté sur la fenêtre existante | Vitrage isolant scellé qui remplace l’ancien |
| Menuiserie | Conservée (cadre d’origine gardé) | Vitrage ou fenêtre entière remplacés |
| Isolation thermique | Bonne, lame d’air non scellée | Supérieure, lame d’argon scellée + couche faiblement émissive |
| Isolation phonique | Correcte, surtout avec verres asymétriques | Très bonne, jusqu’au feuilleté acoustique |
| Esthétique | Second cadre visible côté intérieur | Invisible, finition d’origine |
| Risque de condensation | Possible entre les vitres (lame ouverte) | Nul si le joint est sain |
| Pose | Rapide, sans gros oeuvre, souvent en une visite | Dépose et pose, parfois reprise de la menuiserie |
| Prix | Nettement plus économique | Plus élevé (fourniture + dépose pose) |
| Éligibilité aux aides | Très limitée, rarement éligible aux aides à la rénovation | Éligible sous conditions de performance (Uw) |
| Idéal pour | Bâti ancien à conserver, locataire, petit budget | Rénovation durable, gain énergétique maximal |
Combien coûte un survitrage
Le survitrage est avant tout un choix d’économie : améliorer une fenêtre coûte beaucoup moins cher que la remplacer. Le prix dépend du type (amovible le moins cher, ouvrant le plus cher), des dimensions sur mesure et de l’accessibilité de la fenêtre.
| Tarifs vitrerie | A partir de* |
|---|---|
| Remplacement de simple vitrage | dès 89 € |
| Remplacement de double vitrage | dès 129 € |
| Remplacement de vitrage feuilleté anti effraction | dès 195 € |
| Restauration mastic de simple vitrage | dès 115 € |
*Prix indicatifs, confirmes sur devis gratuit.
Quand faire appel à un vitrier
La pose d’un survitrage fixe ou ouvrant relève du métier : prise de cotes au millimètre, fixation propre sur le dormant, étanchéité et ventilation de la lame d’air pour éviter la condensation piégée. Un panneau mal ajusté laisse passer l’air et perd tout son intérêt, ou s’embue de façon permanente.
Seule la version amovible magnétique se pose réellement soi-même, en clipsant le cadre aimanté sur un profilé métallique collé au pourtour de la fenêtre. Pour tout le reste, et notamment sur des fenêtres bois anciennes fragiles, un professionnel des vitres sur mesure garantit un résultat durable et sans mauvaise surprise.
Sources officielles utiles : l’ADEME sur l’isolation des fenêtres, le simulateur d’aides de France Rénov’ et les démarches en copropriété sur service-public.fr.
Questions fréquentes
Quelle différence entre survitrage et double vitrage ?
Le survitrage ajoute un second vitrage sur la fenêtre existante, en gardant la menuiserie d’origine, avec une lame d’air non scellée. Le double vitrage est un vitrage isolant fabriqué en usine, scellé autour d’une lame de gaz, qui remplace l’ancien vitrage. Le survitrage coûte moins cher mais isole moins bien.
Le survitrage est-il aussi performant qu’un double vitrage ?
Non. Le survitrage améliore nettement un simple vitrage, mais sa lame d’air ouverte et l’absence de gaz argon et de couche faiblement émissive le placent en dessous d’un double vitrage à isolation renforcée. C’est un bon compromis quand on veut garder les fenêtres existantes.
Le survitrage donne-t-il droit aux aides à la rénovation ?
Rarement. Les aides à la rénovation énergétique exigent un niveau de performance (coefficient Uw) que le survitrage n’atteint généralement pas. Pour bénéficier des aides, le remplacement par un double vitrage performant est en principe nécessaire. Vérifiez votre cas sur France Rénov’.
Peut-on poser un survitrage en location ?
Oui, surtout en version amovible ou magnétique : elle se clipse sans travaux ni perçage et se retire au déménagement, sans accord particulier du propriétaire. Les versions fixe et ouvrante, qui se fixent sur la menuiserie, nécessitent en revanche l’accord du bailleur.
Le survitrage peut-il créer de la buée entre les vitres ?
Oui, c’est sa principale limite. La lame d’air n’étant pas scellée, de l’humidité peut s’y condenser si la pose ne ménage pas une ventilation correcte. Une pose soignée par un vitrier limite fortement ce risque.
Pour aller plus loin
- Projet de survitrage ou de vitrage neuf ? Nos vitriers partenaires interviennent.
- Comparer la solution durable : double vitrage, types et prix.
- Garder le cadre, changer le verre : remplacer un vitrage sur mesure.
- Changer la fenêtre : PVC, alu ou bois, le comparatif.
- Tous nos guides et conseils d’experts.