Section de câble électrique : 1,5, 2,5, 6 ou 10 mm², quelle section pour quel circuit ? ⚡ Électricité

Section de câble électrique : 1,5, 2,5, 6 ou 10 mm², quelle section pour quel circuit ?

Réponse rapide

En logement : 1,5 mm² pour l'éclairage protégé en 16 A, 2,5 mm² pour les prises et les circuits spécialisés en 20 A, 6 mm² pour une plaque de cuisson en 32 A, 10 à 25 mm² entre le disjoncteur de branchement et le tableau. Une grande longueur impose la section au-dessus.

Sommaire

En logement, la section et la protection se choisissent ensemble, pour le courant que le circuit appelle : 1,5 mm² pour l’éclairage protégé en 16 A, 2,5 mm² pour les prises et les circuits spécialisés protégés en 20 A (ou 1,5 mm² en 16 A avec huit socles au plus), 6 mm² pour une plaque de cuisson protégée en 32 A, et 10 à 25 mm² pour la liaison entre le disjoncteur de branchement et le tableau selon la puissance souscrite. La longueur du parcours et le mode de pose peuvent imposer un cran au-dessus. Le raccordement au tableau reste un travail d’électricien.

La règle qui résume tout : le courant appelé par le circuit doit rester sous le calibre de la protection, et ce calibre sous le courant que le conducteur supporte dans ses conditions de pose. Un disjoncteur plus fort ne fait pas passer plus de courant en sécurité : il peut ne jamais couper alors que le câble chauffe en permanence.

Pourquoi la section d’un câble n’est jamais un choix libre

Un conducteur s’échauffe quand le courant le traverse, d’autant plus vite que sa section est faible. On la choisit donc pour que le câble supporte sans dommage le courant que le disjoncteur laissera passer avant de couper. C’est exactement ce que contrôle le diagnostic électrique obligatoire à la vente ou à la location d’un logement de plus de quinze ans : la présence, sur chaque circuit, d’un dispositif de protection contre les surintensités adapté à la section des conducteurs.

Deux conséquences pratiques. Un disjoncteur qui déclenche ne se remplace jamais par un calibre supérieur : on répartit la charge, ou on refait le circuit dans la bonne section. Et surdimensionner ne crée pas de danger électrique, seulement un surcoût, tant que les bornes des appareillages et les conduits acceptent la section : poser du 2,5 mm² là où le 1,5 mm² suffirait est courant, l’inverse ne l’est pas.

Sur une intervention dans le 18e arrondissement de Paris, un appartement ancien avait tous ses circuits en 1,5 mm², prises comprises, avec bien plus de huit socles par circuit. Pour faire cesser les déclenchements quand plusieurs appareils tournaient ensemble, un occupant avait posé un disjoncteur de calibre supérieur. Le circuit ne coupait plus, mais la gaine avait bruni dans une boîte de dérivation encastrée. La bonne réponse était de créer un circuit de prises en 2,5 mm².

Quelle section pour quel circuit : le tableau de référence

Le tableau ci-dessous reprend les couples section et protection retenus en installation domestique monophasée, pour des longueurs courantes et une pose classique sous conduit.

Circuit Section cuivre Protection courante Limite à respecter
Éclairage 1,5 mm² Disjoncteur 16 A (les fusibles ne subsistent que dans l’existant) 8 points lumineux au maximum par circuit
Prises de courant 16 A 2,5 mm² (ou 1,5 mm²) Disjoncteur 20 A en 2,5 mm² ; disjoncteur 16 A en 1,5 mm² 12 socles au maximum en 2,5 mm², 8 en 1,5 mm²
Volets roulants 1,5 mm² Disjoncteur 16 A Circuit réservé aux volets
Lave-linge, lave-vaisselle, four, sèche-linge 2,5 mm² Disjoncteur 20 A Un circuit spécialisé par appareil
Chauffe-eau à accumulation 2,5 mm² Disjoncteur 20 A Circuit spécialisé, aucun autre appareil dessus
Plaque de cuisson ou cuisinière 6 mm² Disjoncteur 32 A Circuit spécialisé, en monophasé ; en triphasé la section retenue est plus faible
Liaison disjoncteur de branchement vers tableau 10 à 25 mm² Calibre maximal du disjoncteur de branchement Se calcule selon le calibre maximal du disjoncteur, la longueur et le mode de pose

Deux limites reviennent en permanence : huit points lumineux au maximum sur un circuit d’éclairage, douze socles sur un circuit de prises. Au-delà, on crée un second circuit plutôt que d’étirer le premier, et chaque gros appareil garde sa propre ligne.

Dessin technique de cinq câbles en coupe alignés du plus fin au plus gros, chacun relié à son usage : éclairage, prises, plaque de cuisson, liaison au tableau
La section se lit dans le cuivre : plus le circuit appelle de courant, plus le conducteur doit être gros pour rester sous la température admissible.
Vue isométrique en coupe d'une maison montrant le tableau électrique et quatre circuits distincts vers l'éclairage, les prises, la plaque de cuisson et le chauffe-eau avec leur section
Un logement ne se câble pas d'un seul tenant : chaque famille d'usage a son circuit, sa protection et donc sa section.

Circuit par circuit : éclairage, prises, cuisine, chauffe-eau

L’éclairage se contente du 1,5 mm². Un logement comporte au moins deux circuits d’éclairage, sauf s’il ne compte qu’une seule pièce principale, pour qu’une coupure ne prive pas tout le logement de lumière. Le conducteur de protection vert et jaune est amené à chaque point lumineux, même si le luminaire posé ne s’y raccorde pas.

Les prises se posent en 2,5 mm² sur un circuit protégé en 20 A, douze socles au plus, ou en 1,5 mm² sur un circuit protégé en 16 A, huit socles au plus. Le défaut fréquent des installations anciennes n’est pas la section en soi, mais un circuit de prises en 1,5 mm² qui dessert bien plus de huit socles et cumule radiateur d’appoint, fer à repasser et aspirateur : la protection coupe quand les charges s’additionnent, et si elle coupe à vide, on cherche un défaut d’isolement ou une protection défaillante, pas une section.

La cuisine concentre les circuits spécialisés. La plaque ou la cuisinière prend sa propre ligne en 6 mm² protégée en 32 A, en monophasé ; le four encastré indépendant, le lave-vaisselle et le lave-linge prennent chacun la leur en 2,5 mm² protégée en 20 A. Une cuisinière combinée, plaque et four dans le même appareil, se raccorde sur la ligne 32 A, comme notre ligne dédiée 32 A pour plaque ou cuisinière, fournie et posée. Le chauffe-eau à accumulation suit la même logique : circuit spécialisé en 2,5 mm², rien d’autre dessus.

Du disjoncteur de branchement au tableau : la liaison se dimensionne à part

Entre le disjoncteur de branchement, en aval du compteur, et le tableau de répartition, la liaison n’est pas un circuit comme les autres : elle transporte toute la puissance du logement. Sa section dépend du calibre maximal de ce disjoncteur, pas de son réglage du moment, qui peut être relevé par le fournisseur sans intervention chez vous, et de la longueur du parcours. Les couples couramment retenus en cuivre sont 10 mm² pour un disjoncteur 15/45 A, 16 mm² pour un 30/60 A et 25 mm² pour un 60/90 A, à confirmer par l’électricien selon la longueur réelle et le mode de pose.

Cette liaison est souvent le point faible des installations anciennes : compteur en gaine palière, tableau à l’autre bout du logement, section calculée pour une puissance souscrite bien plus faible qu’aujourd’hui. Quand la puissance augmente, induction, pompe à chaleur ou borne de recharge, c’est fréquemment elle qu’il faut reprendre avec le tableau. Notre guide sur le remplacement du tableau électrique détaille l’opération, et nos électriciens posent des ensembles prêts à raccorder comme ce tableau précâblé 4 rangées.

Distance et chute de tension : quand il faut passer au cran au-dessus

Sur un long parcours, la section ne se joue plus sur l’échauffement mais sur la chute de tension. Pour une installation alimentée par un branchement basse tension, la norme la limite à 3 % pour l’éclairage et 5 % pour les autres usages, entre l’origine de l’installation et le point d’utilisation le plus éloigné. Au-delà, un moteur peine au démarrage et un éclairage faiblit.

Trois paramètres entrent dans le calcul : l’intensité appelée, la longueur du câble et sa section. Le mode de pose compte aussi, car un câble enterré, en faisceau ou noyé dans un isolant ne dissipe pas la chaleur de la même façon, et la norme applique des coefficients de correction. D’où un calcul au cas par cas pour une dépendance ou une borne de recharge installée au garage.

Repérer la section chez soi : ce qui se vérifie sans risque

Trois vérifications se font sans rien démonter. Lire le calibre inscrit sur la manette de chaque disjoncteur, porte du tableau ouverte, sans jamais déposer le plastron. Lire le marquage imprimé sur la gaine d’un câble visible, en cave ou sur un conduit apparent : la section y est écrite en clair. Vérifier enfin la cohérence, 16 A avec du 1,5 mm², 20 A avec du 2,5 mm², 32 A avec du 6 mm². Une incohérence est un motif d’appel, pas de bricolage, et c’est l’un des points que reprend une mise aux normes électrique.

Le repérage par couleur aide aussi : le bleu est réservé au neutre, le vert et jaune au conducteur de protection, aucune autre fonction ne peut emprunter ces deux couleurs, et les phases prennent les autres teintes. Rigide ou souple ne change rien à la section utile, seulement à la pose. Quand le repérage est illisible et les calibres approximatifs, c’est le signe d’un tableau à remplacer avant tout le reste.

Ce qui n’est pas un geste de bricolage : déposer le plastron d’un tableau, raccorder un conducteur sur un disjoncteur, tirer une ligne jusqu’au tableau, changer le calibre d’un disjoncteur. Ces opérations se mènent hors tension, avec vérification d’absence de tension, et relèvent d’un électricien. Un circuit surprotégé ne se voit pas : il chauffe dans la cloison, parfois pendant des années, avant l’incident.

Combien coûte la reprise d’un circuit dans la bonne section ?

Le câble pèse peu dans la facture. Ce qui fait le prix, c’est la longueur à tirer, la nature des murs, la présence d’un conduit encore aiguillable et la remise en état des saignées. Les montants ci-dessous sont les tarifs indicatifs, à partir de, pratiqués par nos électriciens partenaires, confirmés par devis avant toute intervention.

Tarifs électricité indicatifsA partir de*
Réparation de tableau électriquedès 120 €
Remplacement de prises muralesdès 79 €
Remplacement Tableau Électrique 1dès 695 €
Remise aux Normes NF C 15-100Sur Devis
Ajout d'une prise de courantdès 125 €
Création d'une prise de courantdès 195 €

*Prix indicatifs, confirmés sur devis gratuit.

Quand plusieurs circuits sont à reprendre, traiter l’ensemble revient souvent moins cher, parce que le passage des câbles et la remise en état ne se paient qu’une fois. Notre guide sur la rénovation électrique, par où commencer donne l’ordre des priorités, du tableau vers les circuits.

Besoin d’un pro ?

Circuit de prises encore en 1,5 mm² à reprendre, ligne dédiée à créer pour une plaque ou un chauffe-eau, liaison au tableau sous-dimensionnée après une hausse de puissance souscrite : nos électriciens partenaires interviennent partout en France, du lundi au samedi, de 7h30 à 22h, avec un devis détaillé avant intervention et un contrôle des protections déjà en place. Trouver un électricien près de chez vous.

Questions fréquentes

Quelle section de câble pour une prise ?

Une prise de courant 16 A se raccorde en 2,5 mm² de cuivre, sur un circuit protégé par un disjoncteur de 20 A, avec douze socles au maximum ; la norme admet aussi le 1,5 mm² sur un circuit protégé en 16 A, limité à huit socles. Ce qui pose problème dans les installations anciennes, ce n’est pas le 1,5 mm² en soi, mais des circuits de prises trop chargés, en nombre de socles comme en appareils branchés ensemble. Les gros appareils ne partagent jamais un circuit de prises : four, lave-linge et lave-vaisselle ont chacun leur circuit spécialisé.

Quelle section de câble pour un four ou des plaques ?

Ce sont deux circuits différents. Une plaque de cuisson ou une cuisinière se raccorde, en monophasé, en 6 mm² sur un circuit spécialisé protégé en 32 A ; en triphasé, la section retenue est plus faible. Un four encastré indépendant de la plaque se traite comme un circuit spécialisé, en 2,5 mm² protégé en 20 A. Dans les deux cas la ligne est dédiée, sans prise ajoutée dessus. Une induction qui fait couper la protection dès que deux foyers montent en puissance trahit souvent une section insuffisante.

Quelle section de câble pour l’éclairage ?

Du 1,5 mm² de cuivre, sur un circuit protégé par un disjoncteur de 16 A, avec huit points lumineux au maximum ; les cartouches fusibles ne se rencontrent plus que dans les installations existantes. Un logement comporte au moins deux circuits d’éclairage, sauf s’il ne compte qu’une seule pièce principale, pour qu’une coupure ne prive pas tout le logement de lumière. Les luminaires basse consommation n’autorisent pas à descendre sous cette section : la règle porte sur la protection du circuit, pas sur la puissance installée à un instant donné. Le conducteur vert et jaune est amené à chaque point lumineux.

Quelle section de câble entre le compteur et le tableau ?

Cette liaison, entre le disjoncteur de branchement et le tableau de répartition, se dimensionne d’après le calibre maximal de ce disjoncteur et d’après la longueur du parcours. Les sections couramment retenues en cuivre sont 10 mm² pour un disjoncteur 15/45 A, 16 mm² pour un 30/60 A et 25 mm² pour un 60/90 A, à confirmer au cas par cas : un parcours de plusieurs dizaines de mètres ou un passage en faisceau peuvent conduire à monter d’un cran. C’est la seule partie qui transporte toute la puissance du logement.

Quelle section de câble selon la distance ?

La distance agit par la chute de tension, pas par l’échauffement. Pour une installation alimentée par un branchement basse tension, la norme limite cette chute à 3 % pour l’éclairage et 5 % pour les autres usages, entre l’origine de l’installation et le point le plus éloigné. Plus le câble est long et plus l’intensité appelée est forte, plus il faut de section pour rester sous ces limites. Une alimentation de garage, d’abri de jardin ou de dépendance se retrouve donc souvent un ou deux crans au-dessus.

Quelle section de câble pour une borne de recharge ou un chauffe-eau ?

Deux besoins très différents. Un chauffe-eau à accumulation se raccorde sur un circuit spécialisé en 2,5 mm² protégé en 20 A, sans aucun autre appareil dessus. Une borne de recharge est toujours sur un circuit dédié avec sa propre protection différentielle : une borne monophasée de 7,4 kW appelle 32 A, mais la protection imposée par la notice de la borne est souvent de 40 A, ce qui conduit couramment au 10 mm², davantage encore si le garage est éloigné du tableau ; section et protection se calculent, elles ne se devinent pas. Au-delà de 3,7 kW, la pose relève d’un installateur qualifié IRVE, qui dimensionne la ligne et vérifie que la liaison au tableau suit.

Sources officielles

Pour aller plus loin

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La rédaction Les Artisans Pros, le réseau national d'artisans (plomberie, électricité, serrurerie, chauffage, vitrerie). Nos guides sont vérifiés par Arnaud Lebon pour l'exactitude technique. Une question ? Contactez-nous.